Quelque part en Afrique de l’Ouest, à l’occasion de repérages sur un site reculé où a eu lieu une grosse ruée vers l’or en 2014, j’ai pu trouver un échantillon inattendu dans le contexte des gisements aurifères de la sous-région.
Sur ce lieu alors que l’essentiel de l’orpaillage s’est focalisé sur la saprolite, localement certains orpailleurs ont suivi la minéralisation jusque dans le bedrock constitué d’un quartzite très dur à la périphérie d’un intrusif granitique. Les mines artisanales dans la roche fraiche sont relativement rares étant donné les défis pour creuser à ces profondeurs ; seules de très bonnes teneurs ont pu justifier un tel travail.
Au sol, un petit fragment de roche me tape dans l’œil par sa richesse en sulfures autres que la pyrite trouvée par ailleurs dans le reste des déblais. Surement un reste de minerai tombé d’un triporteur qui fait la navette entre la mine et le site de lavage en bord de rivière. Au lieu de la pyrite, j’ai la surprise de reconnaitre de la galène et surtout ce que je suspecte être de la greenockite. Minéral confirmé quelques heures plus tard par une analyse XRF (Cd) et plus tard sous le MEB.
Plusieurs filons de quartz BPGC péri-batholitiques ont été décrits en Afrique de l’Ouest, notamment par Bassot au Sénégal oriental. Ils sont également minéralisés en or mais généralement sont économiquement moins intéressants que les shear-zones plus classiques que l’on retrouve dans les mêmes terrains.
Ici la présence de cadmium et de plomb ajoute une nouvelle problématique pour la santé des orpailleurs et l’environnement des sites exploités.



