Le Gabon est un pays au climat équatorial avec une épaisse couverture végétale omniprésente. Dans ce contexte les affleurements sont très rares et les travaux routiers sont une bénédiction pour le géologue en quête d’informations lithologiques et structurales.
Il y a quelques années les travaux entre Ndende et Tchibanga ont mis à jour de belles coupes du profil latéritique si particulier du Gabon. Au-dessus de la saprolite, se trouve la ‘Stone Line’, un horizon de brèche latéritique qui forme une couche décimétrique à métrique. Les éléments la constituant sont essentiellement des blocs de cuirasse démantelée, des pisolithes ferrugineux et des fragments de quartz.
La couche jaunâtre au sommet du talus est l’Horizon de Couverture, qui est en fait un limon d’origine éolienne (loess) provenant d’Afrique Australe et dont le dépôt aurait débuté il y a environ 35,000 ans. Il a une épaisseur variant de 1 à 4 m. Il est quasiment ubiquiste sur l‘ensemble du Gabon. Il masque une grande partie du substratum rocheux, mais il est en cours d’érosion.
En 2016, à l’époque de ces travaux routiers, nous avons cartographié et échantillonné la saprolite afin d’obtenir des informations géochimiques. Par la même occasion, la présence de cristaux ne m’a pas échappée. Dans les Monts Ikoundou, au cœur du synclinal de la Nyanga, des filons quartzeux recoupent les grés d’âge Néoprotérozoïque. De gros cristaux libres de quartz hyalin se retrouvent quasiment intacts dans l’horizon de la Stone Line, preuve que cet horizon est transporté sur une courte distance seulement.