En 2003, nous sommes une petite équipe à effectuer une campagne de cartographie géologique régionale dans le Sud de la Nouvelle Calédonie. Sur les crêtes rocheuses entourant les plateaux cuirassés de la baie de Prony, affleurent essentiellement dunite et harzburgite plus ou moins serpentinisées, ainsi que des dykes de gabbro.
Ce jour-là, sur un versant raide non loin du sommet du Pic du Champ de Bataille, au milieu du maquis minier, je tombe sur un petit affleurement riche en chromite. Rien de très surprenant dans le Massif du Sud, où les occurrences de chromite podiforme abondent avec des faciès et textures très divers.
Mais au premier coup de marteau je me rends compte que cette chromite est très particulière. Cet échantillon est remarquable du fait de l’abondance de cristaux automorphes, très rares pour ce spinelle. Ces cristaux octaédriques ont été figés dans des gros cristaux de pyroxène à la texture poecilitique.
La chromite a été exploitée avec plus ou moins de succès dès 1880 en Nouvelle-Calédonie. Au début du XXème siècle l’île fut même le troisième producteur mondial grâce au gisement de Tiébaghi situé à l’autre extrémité de la Grande Terre (mais c’est une autre histoire).




